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Press Release • Global Industry

Rapport : 71% du gaz naturel liquéfié importé par TotalEnergies en Europe provient de pays dont les gouvernements lui sont hostiles

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

September 24, 2026
  • Contact:
  • Al Johnson-Kurts, Oil Change International - [email protected]
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  • Rapport : 71% du gaz naturel liquéfié importé par TotalEnergies en Europe provient de pays dont les gouvernements lui sont hostiles
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Paris, France – Un nouveau rapport d’Oil Change International révèle comment le géant pétrolier français TotalEnergies, premier importateur de gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe, s’approvisionne à 71% auprès des États-Unis et de la Russie. Les dirigeants des deux pays ayant menacé ou attaqué l’Europe, dépendre de leurs ressources énergétiques pose un risque sécuritaire. Pour atteindre ses objectifs de sécurité, de coûts de l’énergie et de climat, l’Europe doit sortir des énergies fossiles de façon juste, accélérer les efforts d’efficacité énergétique et passer aux énergies renouvelables.

Principales conclusions

S’appuyant sur des données publiques du transport maritime, le rapport « Insécurité Totale : Comment le commerce de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies met la France et l’Europe en péril » révèle que :

  • Au cours des cinq dernières années, TotalEnergies a importé trois fois plus de gaz naturel liquéfié en Union européenne (UE) et au Royaume-Uni que son principal concurrent, Shell ;
  • En 2025, 71% des importations de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies en UE et au Royaume-Uni provenaient des États-Unis et de la Russie ;
  • La dépendance de l’Europe aux importations de gaz naturel liquéfié menace sa sécurité, les prix de l’énergie et ses objectifs climatiques.

Les importations de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies de pays dont les gouvernements sont hostiles à l’UE représentent un risque sécuritaire 

En 2025, les importations de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies en Europe provenaient à 29% de la Russie et à 42% des États-Unis alors que Poutine et Trump attaquaient ou menaçaient l’Europe.

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, TotalEnergies a importé plus de deux fois plus de gaz naturel liquéfié russe en Europe que toute autre entreprise. Alors que Trump réaffirme sa volonté d’annexer le Groenland et intensifie ses menaces de guerre commerciale, TotalEnergies signe des contrats lui permettant de devenir le premier acheteur de gaz naturel liquéfié américain en 2030.

L’énergie renouvelable locale est une alternative plus sûre et plus résiliente, ne posant pas de risque de dépendance dangereuse.

Les importations de gaz naturel liquéfié par TotalEnergies menacent les coûts de l’énergie alors que l’UE pourrait les réduire 

La dépendance aux énergies fossiles, quelle qu’en soit la source, expose l’UE à des prix élevés et volatiles. Les prix du gaz fossile dans l’UE ont doublé entre janvier et juin 2026. Le surcoût lié aux importations d’énergies fossiles depuis l’attaque américaine contre l’Iran s’élève à au moins 47 milliards d’euros. Ces dernières années, les États membres de l’UE ont dépensé plus de 540 milliards d’euros en mesures d’urgence pour protéger les consommateurs et les entreprises contre la forte inflation des coûts de l’énergie, principalement due à la hausse des prix du gaz.

Le gaz naturel liquéfié américain est déjà le plus cher pour les acheteurs de l’UE et son prix devrait encore augmenter. En tant que premier importateur de gaz naturel liquéfié en Europe – 42% de ses importations en UE et au Royaume-Uni provenant des États-Unis l’an dernier – TotalEnergies pourrait fortement exposer les consommateurs européens à une hausse des prix du gaz et de l’électricité.

À l’inverse, le déploiement des énergies renouvelables et de mesures d’efficacité énergétique dans le cadre du Plan d’action européen pour l’électrification pourrait réduire le coût des importations d’énergies fossiles de 260 milliards d’euros par an d’ici à 2040.

L’UE peut se libérer du gaz, mais les importations de gaz naturel liquéfié de TotalEnergies menacent les objectifs climatiques

C’est bien en France que les pays ont signé l’Accord de Paris pour limiter la hausse des températures au niveau mondial, marquant le seuil critique de 1,5ºC. Pourtant, l’augmentation des importations de gaz naturel liquéfié menace les objectifs climatiques de l’UE et du monde, et le géant pétrolier et gazier français TotalEnergies est l’acteur principal de ces importations.

Les objectifs climatiques actuels de l’UE visent à réduire la demande de gaz fossile de 18% entre 2025 et 2030. Atteindre les objectifs existants d’installation de pompes à chaleur, de panneaux solaires et d’éoliennes pourrait réduire la demande de gaz de l’UE de 25 % d’ici 2030.

Pourtant TotalEnergies va dans la direction inverse, en :

  • cherchant à augmenter ses importations de gaz naturel liquéfié en Europe à 20 millions de tonnes par an d’ici 2030 ;
  • augmentant sa production de gaz fossile ;
  • signant des contrats à long terme d’importation de gaz naturel liquéfié américain ; et
  • construisant de nouvelles centrales électriques au gaz fossile.

David Tong, d’Oil Change International, a réagi :
« Dépendre des importations de gaz naturel liquéfié est une impasse menant à des coûts de l’énergie élevés, une forte pollution climatique et des risques sécuritaires grandissants. Ces dernières années, TotalEnergies a importé trois fois plus de gaz naturel liquéfié en Europe que toute autre entreprise, principalement des États-Unis et de la Russie. Cela fait du modèle économique de TotalEnergies une impasse pour l’Europe. A la place, l’Europe peut décider de sortir progressivement des énergies fossiles telles que le gaz naturel liquéfié, garantissant ainsi une sécurité énergétique fiable et renouvelable – sans le coût humain de la chaîne d’approvisionnement du gaz fossile – et se libérer du cycle instable des crises énergétiques fossiles alimentées par les conflits. »

Dr Svitlana Romanko, fondatrice et directrice exécutive de Razom We Stand, a déclaré :
« Ce rapport confirme ce que nous redoutions depuis longtemps : TotalEnergies a importé plus de gaz naturel liquéfié russe en UE que toute autre entreprise depuis l’invasion russe à grande échelle. Plus de quatre ans après le début du conflit, elle détient toujours 20% des parts du projet russe Yamal LNG, injectant près de 2,2 milliards d’euros dans le budget de guerre de Poutine pour la seule période 2022-2024. Chaque euro contribue à financer les missiles et les drones qui frappent quotidiennement nos maisons, nos hôpitaux et nos centrales électriques ukrainiennes, privant des familles de chauffage pendant des hivers rigoureux. Alors qu’un embargo européen tardif sur le gaz naturel liquéfié russe entrera enfin en vigueur en 2027, les autorités de régulation y ont déjà inclus une faille qui permettra à TotalEnergies de continuer à exporter du gaz de Yamal vers des acheteurs hors d’Europe. Les dirigeants européens doivent remédier à ces lacunes au lieu d’en créer de nouvelles, pour couper enfin tous les revenus alimentant le budget de guerre russe. »

 

Brigitte Alarcon, chargée de campagne à Beyond Fossil Fuels, a dit :
« TotalEnergies mise de plus en plus sur le gaz fossile, comme le montre sa récente joint venture avec EPH, appartenant à Daniel Kretinsky. Pendant que ces entreprises s’enrichissent, les consommateurs européens paient le prix fort, avec des factures d’énergie élevées et une dépendance persistante aux énergies fossiles importées.

Après un été qualifié d’« été de vérité » par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en raison des impacts climatiques, l’Europe doit renouer avec une action climatique forte au lieu d’augmenter sa dépendance aux énergies fossiles. TotalEnergies et EPH enferment l’Europe dans une dépendance accrue au gaz et au gaz naturel liquéfié, nous exposant à la volatilité des marchés mondiaux et aux décisions de dirigeants comme Poutine et Trump. Nous devons rompre ce cercle vicieux pour préserver la sécurité énergétique, l’économie et le climat de l’Europe au lieu de l’aggraver. »


Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne gaz fossile & transition juste aux Amis de la Terre France a dit :
“Avec son positionnement stratégique sur le marché du GNL, Total propose un faux remède à une maladie qu’elle entretient depuis des années. L’analyse approfondie d’Oil Change International met en évidence comment, bien loin de simplement “répondre aux besoins énergétiques des Européens”, Total orchestre une stratégie qui entretient la dépendance coûteuse et nocive à cette énergie du passé, et ainsi la vulnérabilité de l’Europe et la France aux chocs géopolitiques.”

Bastien Cuq, responsable énergie au Réseau Action Climat a dit :
“La France et l’Europe entretiennent une dépendance coûteuse au gaz et au pétrole russes et américains. Ces dépendances donnent à ces pays des leviers de pression puissants. Pourtant, TotalEnergies se dit au service de la souveraineté française alors même qu’elle entretient activement cette dépendance géopolitique.”

Note aux rédacteurs :

  • Oil Change International a communiqué les principales conclusions de son rapport à TotalEnergies avant sa publication. L’entreprise n’a pas commenté les résultats de nos analyses de données, mais a exprimé son « désaccord général avec plusieurs affirmations du rapport », déclarant « l’affirmation selon laquelle TotalEnergies “met en péril la sécurité énergétique, les coûts de l’énergie et les objectifs climatiques de la France et de l’Europe” totalement infondée ». La réponse de l’entreprise est incluse en annexe du rapport dans sa version originale en anglais.
  • Oil Change International s’est associé à Data Desk pour utiliser la plateforme de suivi des matières premières Kpler pour analyser le transport de gaz naturel liquéfié par TotalEnergies et estimer ses exportations et importations en Europe (UE et Royaume-Uni) et en France sur la période 2021-2025.

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